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Quel est le taux d’abandon du GR20 ?

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Le GR20, ce n’est pas juste une rando pédestre de plus à cocher dans un carnet. C’est un rite initiatique pour beaucoup. Une traversée de la Corse par les crêtes, du nord (Calenzana) au sud (Conca), ou l’inverse selon les écoles. 

Environ 180 km de sentiers techniques : plus de 10 000 mètres de dénivelé positif, des passages aériens, des échelles, des pierriers, et une météo aussi imprévisible que spectaculaire. C’est un sentier légendaire, et il ne se laisse pas apprivoiser facilement. Alors, quel est le taux d’abandon du GR20 ?

Quel est le taux d’abandon du GR20 ?

En moyenne, 40 à 50 % des randonneurs abandonnent en cours de route. C’est énorme, et ce chiffre peut surprendre. Mais il est très révélateur : le GR20, c’est l’un des sentiers balisés les plus difficiles d’Europe. Ce n’est pas un mythe gonflé par les forums, c’est une vraie réalité de terrain.

Certaines années, notamment lors de conditions météo extrêmes (pluie, neige tardive, orages d’été), le taux d’abandon du GR20 peut dépasser les 60 %. Et même en pleine saison, il n’est pas rare de croiser des randonneurs qui jettent l’éponge au bout de 3 ou 4 jours !

Pourquoi autant d’abandons sur le GR20 ?

Alors pourquoi autant de marcheurs finissent-ils par jeter l’éponge ? Spoiler : ce n’est pas toujours une question de mollets. Le taux d’abandon du GR20 peut s’expliquer par une multitude de facteurs.

Le GR20 est plus dur qu’on ne l’imagine 🔥 

Ce n’est pas une ascension tranquille : c’est un parcours d’endurance. Même en s’étant “un peu renseigné”, beaucoup sous-estiment la difficulté : 

  • les étapes sont longues (6 à 9 heures de marche par jour) ;
  • le terrain est technique (rochers, chaînes, passages exposés) ;
  • le dénivelé est constant. 

Une préparation physique insuffisante 🏋️‍♂️ 

Marcher une fois par semaine ou faire un trail de temps en temps ne suffit pas. Le GR20 demande une endurance solide, un bon cardio et des jambes en béton. Sans entraînement spécifique, les douleurs arrivent vite : genoux en feu, dos bloqué, tendinites, ampoules… Ces désagréments semblent anodins, mais ils augmentent considérablement le taux d’abandon du GR20 !

Un sac trop lourd, mal préparé 🎒 

Le sac-à-dos trop chargé, c’est un classique ! Entre la tente, le duvet, la popote, les fringues “au cas où”… on part vite avec un sac de 15 kg. Et ensuite, chaque kilo devient une punition dans les pierriers. Une mauvaise répartition du poids ou un sac mal ajusté peut rendre la marche infernale.

Une météo imprévisible 🌩️ 

Même en plein été, le GR20 peut être balayé par un orage violent, de la grêle, ou même de la neige en altitude. Et là, certaines sections deviennent dangereuses : les crêtes glissent, les torrents débordent. Pas étonnant que certains préfèrent redescendre au plus vite et accroître le taux d’abandon du GR20 du même coup.

Une fatigue mentale souvent négligée 😩

Dormir dans un refuge bruyant, se lever à l’aube tous les jours, marcher sous un soleil de plomb ou dans le brouillard, gérer la solitude (ou la promiscuité)… Tout ça pèse ! Et parfois, c’est le mental qui lâche, bien avant les jambes.

À quel moment le taux d’abandon du GR20 est-il le plus important ? 

Que vous fassiez le GR20 en 10 jours ou en deux semaines, certaines étapes du GR20 sont de véritables tournants et marquent le moment où beaucoup décident (ou sont contraints) d’abandonner.

Après les premières étapes (jour 2 ou 3) 🏁 

Les premiers jours sont très physiques : entre Calenzana et Asco, les étapes sont longues, raides, très techniques. C’est souvent là que les randonneurs réalisent que le GR20 n’est pas une simple rando “un peu sportive”. Les premiers abandons ont lieu ici, souvent à Ortu di u Piobbu ou Carrozzu.

À Vizzavona, la “frontière symbolique” 🚉 

Vizzavona marque la moitié du parcours, mais c’est aussi le premier vrai point de sortie possible : il y a une gare. Beaucoup de marcheurs choisissent d’arrêter là volontairement, après avoir fait le GR20 Nord (considéré comme le plus difficile). C’est souvent une fierté suffisante, et une manière d’écouter son corps.

En cas de blessure ou d’incident 🚑

Entorse, ampoules infectées, chute, genou bloqué… Sur le GR20, l’accident est vite arrivé, surtout en cas de fatigue. Et comme les secours mettent parfois du temps à intervenir, mieux vaut abandonner à temps plutôt que de continuer en forçant.

Est-ce grave d’abandonner le GR20 en Corse ? (Spoiler : non)

Franchement ? Non. Ce n’est ni un échec, ni une honte. Le GR20 n’est pas un concours. On ne gagne rien à “tenir” jusqu’au bout si c’est au prix de sa santé ou de son plaisir ! Et puis vous le voyez bien avec le taux d’abandon du GR20 : vous ne seriez pas le seul de toute manière.

Faire quelques étapes, ou même la moitié, c’est déjà énorme. C’est s’être confronté à un parcours exigeant avec des dénivelés, avoir traversé des paysages incroyables, découvert la faune et la flore, ressenti la force de la montagne corse. Et surtout, c’est avoir appris à mieux se connaître.

D’ailleurs, beaucoup de randonneurs qui abandonnent reviennent mieux préparés une autre année en haute-montagne… et réussissent sans problème à compléter leurs itinéraires !

Comment maximiser ses chances d’aller au bout du GR20 ?

On ne va pas vous vendre du rêve : le GR20, c’est rude. Mais ce n’est pas une mission impossible. Avec une bonne dose d’humilité, une vraie préparation et quelques bons réflexes, vous mettez toutes les chances de votre côté pour arriver au bout (et avec le sourire !).

Préparez-vous comme pour une course d’endurance ✅

Pas question d’improviser une traversée de la Corse à pied après trois balades en forêt. Le GR20, ça se prépare comme un trail longue distance… mais sur plusieurs jours.

  • faites des randonnées avec du dénivelé positif (et négatif, c’est souvent lui qui fait mal).
  • entraînez-vous à enchaîner plusieurs jours de marche avec un sac sur le dos.
  • testez vos limites : que se passe-t-il quand vous avez déjà 5 heures dans les jambes, et qu’il en reste encore 3 ? C’est ce genre d’effort qu’il faut anticiper.

Astuce bonus : partez en week-end rando avec bivouac. Vous verrez tout de suite si votre matos est au point… et si votre mental suit.

Voyagez léger (vraiment, ce n’est pas une option) ✅

Vous avez envie de prendre ce pull “au cas où il fait frais le soir” ? Laissez-le. Ce coussin gonflable ? Vous pouvez dormir sans. Sur le GR20, chaque gramme compte, parce que chaque gramme pèse à la longue.

Voici l’objectif raisonnable pour ne pas venir gonfler le taux d’abandon du GR20 :

  • 8 à 10 kg max pour un randonneur qui dort en refuge ;
  • 12 à 13 kg max si vous partez en autonomie avec tente et popote.

Et si vous voulez randonner ultra-léger, voici les indispensables :

  • Une bonne paire de chaussures déjà bien rodées (on évite les ampoules du jour 2…)
  • Un sac confortable, bien ajusté (et testé avant !)
  • Une veste imperméable sérieuse (orages corses obligent)
  • Des vêtements légers et techniques qui sèchent vite
  • Des bâtons pour vous accompagner dans la randonnée
  • Une bonne gourde pour rester hydraté

Petit conseil qui change tout : pesez votre sac complet la veille du départ. Si vous êtes au-dessus des 13 kg, posez-vous sérieusement la question “Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?”

Bien choisir sa période : le bon moment fait la différence ✅ 

Techniquement, la Grande Randonnée 20 de Corse se parcourt entre mi-juin et fin septembre, parfois plus tôt ou plus tard selon l’enneigement. Mais toutes les périodes ne se valent pas !

  • Juin : la montagne est encore verte, les refuges sont plus calmes, les températures sont douces. Il peut rester un peu de neige sur certains cols (crampons utiles), mais c’est une période top.
  • Juillet-août : c’est la haute saison. Il fait très chaud, les refuges sont pleins, et il faut parfois réserver à l’avance. C’est faisable, mais plus intense physiquement.
  • Septembre : souvent considéré comme le meilleur mois. Moins de monde, chaleur plus supportable, mais attention aux jours qui raccourcissent et aux orages tardifs.

Je vous conseille d’éviter le tout début juin ou la toute fin septembre, sauf si vous avez l’habitude de randonner en montagne et que vous êtes équipé pour affronter des conditions plus alpines.

Prenez le temps : ce n’est pas une course ✅ 

S’il y a un taux d’abandon du GR20 aussi important, c’est aussi parce que les randonneurs décident aussi d’aller plus vite que la musique ! Sur le papier, le GR20 peut se boucler en 12 jours, voire 10 pour les plus pressés. Mais en vrai ? Pourquoi se presser ?

Allonger la durée de son GR20, c’est :

  • avoir le temps de souffler, de se baigner dans une vasque, de papoter avec les gens au refuge ;
  • pouvoir s’adapter si vous avez un jour “sans”, ou une douleur qui demande une pause ; 
  • profiter des paysages sans courir d’un point à l’autre.

Rien ne vous empêche non plus de faire une pause d’une demi-journée à mi-parcours, de dormir deux nuits au même endroit ou de zapper une étape en taxi ou en navette si besoin. Ce n’est pas tricher, c’est gérer. Et ça change tout ! Et entre nous : personne ne vous demandera jamais votre chrono. Par contre, vous vous souviendrez longtemps d’un pique-nique face aux aiguilles de Bavella.

Écoutez-vous : votre corps est votre meilleur allié ✅ 

Vous connaissez cette petite voix intérieure qui dit “je suis trop fatigué”, “j’ai mal au genou”, “je me sens pas bien” ? Écoutez-la. Le GR20 n’est pas le bon endroit pour jouer les héros.

  • Si une étape vous paraît trop longue, scindez-la en deux.
  • Si vous sentez que la météo tourne, adaptez votre plan.
  • Si vous n’avez pas dormi depuis deux nuits, offrez-vous une grasse mat’.

Et surtout : n’hésitez pas à demander conseil aux gardiens de refuge. Ils connaissent le terrain mieux que quiconque et sauront vous guider. Il n’y a aucune honte à faire autrement que prévu. Le plus important, c’est de vivre une belle aventure, pas de cocher toutes les cases à tout prix.